L’innovation ouverte devient plus agile grâce à la théorie C-K partie 1

La théorie C-K est une théorie de la conception qui propose une approche unique et applicable à tout domaine aux concepteurs désirant rationaliser leur processus d’innovation. Elle s’appuie sur les théories de conception classiques, puis dépasse la simple « résolution de problème » en stimulant la conception réellement innovante. En effet, elle ajoute au déterminisme de la conception systématique des mécanismes de créativité, de surprise et de sérendipité.

Selon la théorie C-K, une situation de conception doit être représentée par deux espaces différents  et complémentaires : l’espace des concepts (C) et l’espace de la connaissance (K, pour Knowledge). L’espace des concepts est l’espace de l’incertain, où toutes les idées peuvent exister. Un concept, selon la théorie C-K, est un objet  décrit par un certain nombre de propriétés et dont le concepteur ne peut  prouver ni l’existence ni l’impossibilité de son existence. En réalité, l’objet en question pourrait aussi bien exister étant donné qu’on ne peut prouver qu’il est impossible qu’il existe – pourtant il n’existe pas. Un concept est dit « indécidable », ainsi il est le point de départ du raisonnement de conception innovante. Par exemple, une « brosse à dents antidépresseur » est un concept : je vous mets au défi m’en montrer une, mais nous pourrions aussi bien la concevoir ensemble.

À l’inverse, l’espace des connaissances (K) est l’espace de ce qui est tenu pour acquis, ce dont le concepteur est certain. Il inclut les objets existants, les lois de la physique, les observations passées… Chaque objet ou assertion dans l’espace des connaissances a un statut logique certain, à savoir est soit vrai soit faux. Nous savons qu' »une brosse à dent sert à se brosser les dents » ou bien que « la dépression est un trouble mental ».

En associant des connaissances au concept initial, celui-ci peut être développé au moyen de spécifications supplémentaires. Par exemple, « rire aide à guérir de la dépression » est une connaissance que j’associe au concept « brosse à dents antidépressive ». Je peut alors « partitionner » mon concept initial entre « les brosses à dents qui font rire »… et les autres !

c-k picture

 

 

Grâce au mécanisme de partitionnement, je ne peut rester fixé sur mon idée initiale d’utiliser le rire pour ma brosse à dents, puisque j’ai dû écrire que celles qui ne font pas rire peuvent tout autant être conçues. La théorie C-K empêche les effets de fixation et ainsi stimule la créativité.

Si l’on conçoit une chaise, une connaissance pourrait être « la plupart des chaises ont 4 pieds » et l’on partitionnerait alors le concept initial entre les chaises à 1, 2, 3… n pieds (ou bien sans pied !). Ces partitions sont dites « expansives » puisqu’elles cassent le design dominant de l’objet chaise.

Le processus de conception se conclut lorsqu’un sous-concept de l’arbre appelle la création de connaissances nouvelles, et que ces connaissances nouvellement acquises rendent le concept réalisable.

Qu’en est-il de l’Open Innovation ? Comme la théorie C-K s’y applique-t-elle ?

Sous un certain éclairage, il est possible d’exhiber concepts (C) et connaissances (K) dans la plupart des processus d’Open Innovation. Les « seekers » sont porteurs de concepts : ils détiennent les idées, mais sont incapables de les faire devenir réalité. Il leur manque la connaissance appropriée pour rendre leurs concepts décidables. Les « seekers » s’adressent aux « solvers » avec une description de la connaissance manquante, dans l’espoir de trouver un expert détenteur du savoir critique à la réalisation de leur concept.

Cependant cette implémentation classique de l’Open Innovation n’exploite pas la théorie C-K au maximum de sa puissance : elle ne permet pas au « seeker » de réévaluer son concept initial, ni au « solver » de le partitionner expansivement. Peut-être une nouvelle voie à expérimenter pour les plateformes d’Open Innovation ?

 A bientôt pour la partie 2![subscribe2]

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